LA COMMUNE/Histoire du village

Histoire du village

Un peu d'histoire ...

Oberschaeffolsheim, des origines au XIXème siècle.

Restaurant "Au Lion"Zoom La première mention de SCHAFTOFESHEIM dès 788 dans une charte de l’abbaye de Fulda, la signature d’une autre charte en 805 « Ad SCARTOLFESHEIM IN CAPELLA », ainsi que le suffixe « Heim » propre, la plupart du temps, à une fondation franque, ne peuvent qu’attester la haute antiquité de notre village.
Situé sur un axe de communication important vers Strasbourg, le village ne fut que trop souvent le théâtre d’affrontements et de passages de troupes, pas toujours bien intentionnées.
En décembre 1281, lors de la guerre de l’évêque Walther von Géroldseck avec la ville de Strasbourg, Schaeffolsheim, ensemble avec Achenheim, Wickersheim et Wolfisheim, fut incendié par la milice strasbourgeoise.
Rappelons que l’année suivante eut lieu la fameuse bataille de Hausbergen, au cours de laquelle la cavalerie de l’évêque avec ses chevaliers lourdement armés fut vaincue par la piétaille strasbourgeoise.
Puis, en mai 1298, lors du Grand Interrègne et des querelles pour le trône de l’empire, Conrad, évêque de Strasbourg, et les bourgeois de cette ville s’opposèrent à l’empereur Adolf de Nassau près de Schaftolzheim, et en 1320 les armées des deux prétendants au trône Louis de Bavière (Wittelsbach) et Frédéric de Beau d’Autriche (Habsbourg) se rencontrent devant Strasbourg.


Rue principaleZoomLes soldats campèrent de part de d’autre de La Bruche près de Schaftolzheim, Achenheim et Wickersheim. Pourtant, aucune bataille ne fut engagée et bientôt les deux protagonistes quittèrent les lieux.
En 1365 et 1375, l’Alsace subit les invasions de mercenaires « les anglais » que les trêves interrompant la guerre de Cent Ans vouaient à l’inactivité et au maraudage. Ils mirent à sac l’ensemble de notre région.
En 1365, ces mercenaires, dont certains venaient de Mundolsheim et de Lampertheim, se regroupèrent à Schaeffolsheim pour se diriger vers Wangen.
Le XVème siècle fut cruellement marqué par l’invasion des Armagnacs que la terreur populaire appelait les « Schender » (les écorcheurs). La chronique raconte que, lorsqu’ils quittaient un village, ils ne laissaient que ruines et désolation. En 1444, une incursion de 40 000 de ces « Schender », sous la conduite du futur roi Louis XI, n’épargna pas notre village où, parmi d’autres forfaits, ils incendièrent le moulin. Selon la chronique, des bourgeois de Strasbourgs massacrèrent trois d’entre eux.


Rue principaleZoomLors de la Réforme, et contre la volonté de ses deux frères Sébastien et Louis, Daniel Wurmser (co-seigneur du village) introduit la nouvelle religion à Schaeffolsheim entre 1529 et 1540, en laissant cependant à ses sujets le choix de l’Eglise.
A ce propos, il apparaît que de nombreuses divergences de vue et de litiges concernant entre autres les droits au château opposèrent Daniel (réformé) à ses deux frères restés catholiques. Une de ces divergences dégénéra même en querelle à main armée, au cours de laquelle Daniel blessa son frère Louis.
Finalement, en 1559, l’évêque Erasme, le comte palatin Richard et le comte de Hanau-Lichtenberg, arbitrèrent ces litiges et stipulèrent entre autres que le château de Schaeffolsheim serait à la disposition des trois frères à tour de rôle.
Le village resta protestant jusqu’en 1617, où la famille Wurmser décida le retour à la foi catholique en accord avec l’archiduc Léopold 1 d’Autriche. Le 16.02.1618, le dernier pasteur protestant Clemens Brecht fut congédié par Georg Wurmser lors d’un entretien dans le château.
Puis vint ce qu’on appelle la guerre des Evêques (1592-1604) dont l’origine fut le conflit entre le parti catholique et le parti protestant pour la nomination de l’évêque de Strasbourg, chaque parti soutenant son propre candidat.
Le 25.06.1592, lors d’une bataille entre 500 soldats brandebourgeois, protestants venus soutenir la candidature de Jean-Georges de Brandebourg, et 1600 lorrains (catholiques), notre village qui a cette époque était protestant fut incendié. Seules cinq maisons échappèrent au désastre. En mars 1604, deux armées de soldats brandebourgeois prirent leur cantonnement dans le village, mais deux jours après elles furent attaquées par les Lorrains qui massacrèrent plus de cent fantassins et incendièrent le village que la population avait à peine reconstruit sommairement.


Restaurant "Le Cygne"Zoom Sur la période de la guerre de Trente Ans (1618-1648), on sait que, du 11 au 17 juillet 1638, le comte Johann von Goetz, commandant de l’armée impériale, prit ses quartiers dans le château, tandis que ses soldats campèrent dans les villages alentour : les chevaliers à Wolfisheim, les Croates à Oberhausbergen et la piétaille sur les prés entre les deux.
Le 23.10.1639, le duc de Longueville, commandant de l’armée Weimarienne au service de la France vint, à son tour, dans le château où une délégation de la ville de Strasbourg lui rendit les honneurs.
En juillet 1675, lors de la guerre de Hollande, entre la France et une coalition européenne, le prince de Condé avec son armée occupa le village ainsi que Wolfisheim et Lingolsheim, mais fut attaqué par les impériaux qui le repoussèrent jusqu’à Châtenois. A cette occasion, le château, nouvellement fortifié par les Français, fut entièrement détruit par les troupes allemandes. Il ne sera plus reconstruit.
Toutes les chroniques racontent que l’hiver de 1788-1789 fut d’une extraordinaire rigueur. Déjà, en 1788, la neige bloqua tous les villages de la région. Le Thermomètre descendit jusqu’à -30°C, empêchant les moulins de tourner. La farine commença à manquer, les pommes de terre gelaient dans les caves, et ce fut la disette. On vit régulièrement des dizaines d’hommes piller les forêts pour se procurer du bois de chauffage.
C’est dans cette terrible ambiance qu’eut lieu la révolution française qui bouleversa un ordre de chose immuable depuis des siècles et qui, malheureusement, mit une fois de plus notre village à sanglante contribution.


Le 12.11.1793, un nommé Welcker, membre du tribunal révolutionnaire, imposa la commune à 10 000 livres d’amende. Son « crime » ? Avoir protégé des prêtres réfractaires en les cachant, avoir proféré des insultes envers le régime révolutionnaire, avoir molesté des « compatriotes », avoir entretenu des correspondances avec les exilés… Le même mois, quatre bourgeois de la commune, dénoncés pour des faits insignifiants, furent condamnés à mort et guillotinés le 24.11.1793 sur l’actuelle place Kléber de Strasbourg.

Il s’agit de :

Anton Lienhardt, ancien maire, 52 ans
Lorenz Wolbert, 30 ans
Lorenz Schindler, 60 ans
Xavier Sattler, le meunier, 36 ans

Georg Golapp, lui, fut condamné aux galères.
Durant les années troubles qui suivirent la Révolution, et jusqu’à la chute de Napoléon I, Oberschaeffolsheim, comme toutes les communes d’Alsace, dut faire face à de nombreuses contraintes de réquisitions pour l’armée (fourniture de bêtes de trait, de bois, de main-d’œuvre humaine pour les travaux de fortifications, ravitaillement et cantonnement des soldats, les épizooties, invasion des armées russes et allemandes qui maltraitaient la population, etc.) pour finir complètement appauvri.
Ce n’est qu’avec l’avènement de Napoléon III (1852-1870) que la population put enfin s’ouvrir lentement au progrès agricole et communal.


Source

Extrait du livre « Oberschaeffolsheim, Unser Derfel, notre village ». >en savoir plus
Texte rédigé par Florence Herr
Sources:
Chronike von Jakob Twinger von Koenigshoven (1346-1420) édité par D. Johann Schilter – Strassburg 1698
J.D. Schoepflin : L’Alsace illustrée – Mulhouse 1851 – tome 4
Ph. André Grandidier : Œuvres historiques – tome VI
Archives de Saint-Thomas – A.M.S. n°98 – carton 55
August Kocher : Die Ortschaften um Strassburg und das Amt Wolfisheim - 1912